Ruta graveolens dans votre jardin : vertus aromatiques et médicinales

Classé dans : Plantes | 2
Ruta graveolens Djenani.com

La Fidjla ou Mirouette est une sorte de sauge, on l’appelle communément ” La rue officinale” alias Ruta graveolens. C’est un arbrisseau de la famille des Rutacées, et on sélectionne ses feuilles pour leurs qualités aromatiques et médicinales. Bien entendu, c’est une plante très puissante avec des mises en garde bien précises à prendre en considération. On l’utilise assez souvent en médecine populaire chez nous, au Maghreb. Sur le plan aromatique, nos grands-mères utilisaient un soupçon de fidjla pour relever le gout de la Assida/ahrirt/Hrira/Tagloudi. Cependant, la posologie s’effectue nécessairement sur prescription médicale et elle ne doit pas dépasser 2 gr d’huile essentielle ou 5 gr de feuilles séchées en infusion.

Par ailleurs, on dénombre différents espèces de Ruta Rutaceae y compris dans les zones tempérées et subtropicales. La Ruta graveolens, la rue fétide, et Ruta chalepensis sont les plus couramment utilisées, et un peu Ruta montana. En effet, celles-ci sont des plantes originaires de la Méditerranée et du Moyen Orient qui ont été acclimatées au Moyen- Âge en Europe. Les conquistadors introduisent cette dernière au XVIe siècle en Amérique du sud. À présent, on les délaisse relativement en phytothérapie moderne puisqu’elles sont potentiellement trop toxiques. Toutefois, la Ruta graveolens demeure utilisée en homéopathie sous forme de granules.

Sur le plan symbolique, en Amérique du sud, c’est la plante de la chance, du bonheur familial permettant d’ouvrir les portes du succès. On évoque aussi qu’elle protègerait du mauvais œil. À Corrientes, en Argentine, on la boit traditionnellement en infusion pour des vertus aromatiques au jus de canne la première journée du mois d’Août afin d’avoir une bonne santé pour l’année suivante.

Concernant son utilisation, on l’utilise dès l’Antiquité par exemple chez les Romains, considérée comme une plante potagère dans le capitulaire De Villis. Au Moyen Âge, elle servait à la composition d’un vinaigre censé protéger de la peste. Sur le plan superstitieux, on frottait également le plancher de la maison avec pour chasser les sorcières etc.

De plus, les feuilles fraîches peuvent servir à assaisonner les sauces et les plats de viande. Il faut l’utiliser par contre avec modération en raison du goût amer et de sa toxicité en dose trop importante. En Italie du Nord, on l’utilise pour parfumer l’eau-de-vie. En Éthiopie, on place juste une brindille dans sa tasse de café. Au Moyen-Orient, la Ruta sert à la conception d’un produit à base de beurre de chèvre ou de brebis se conservant pendant quatre mois.

En gros, la rue officinale, une fois extraite devient une huile essentielle en parfumerie. De plus, à une légère dose, cette plante a des effets toniques et stimulants qui facilitent la digestion. Elle possède une composante nommée la rutine, proche de la vitamine P, avec des propriétés vasoprotectrices.

Pourtant, sa culture a été interdite longtemps en raison de ses propriétés abortives et à forte dose sa toxicité. Les femmes enceintes ne doivent jamais la consommer puisqu’elle est abortive. De fortes quantités sont toxiques et créent une confusion mentale. Et l’huile essentielle “ingérée” pourrait provoquer la mort. Pour autant, c’est un répulsif naturel contre les insectes, par exemple les pucerons et c’est une arme redoutable pour éloigner les vipères.

Merci pour l’inspiration @ankana87 et @Mus Fissou !

2 Responses

  1. Mus.Fissou

    merci beaucoup pour ces informations utiles et aussi pour le dédicas

    • Djenani

      C’est un plaisir de partager nos connaissances sur les plantes avec nos chers membres ^^!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *